Samedi 1 décembre 2007

 

Pour beaucoup de français, le pouvoir d’achat en France n’est plus un problème individuel. Il n’est plus lié à une catégorie sociale, mais au contraire, c’est un mécontentement partagé. Un tracas financier fédérateur susceptible d’unir nos réflexions pour que le plus grand nombre bénéficie des avancées et des améliorations possibles de la qualité de vie.

Se nourrir, se vêtir, se loger : trois besoins vitaux pour vivre décemment. Se nourrir, se vêtir, se loger…à n’importe quel prix, et surtout le prix fort, pour qu’ensemble tout devienne possible dans le meilleur du monde sarkozien : Les propositions pour répondre à la principale préoccupation des français concernant le pouvoir d’achat ont été donné. Notons quelques erreurs.

Dès 2008 les loyers seront indexés sur " le coût de la vie ", autrement dit sur l’indice des prix à la consommation.

Les prix des loyers seront calculés sur l’indice des prix à la consommation, et non plus sur l’indice de référence des prix du loyer (IRL). Mais depuis le 1er janvier 2006, l‘IRL remplace l’indice du coût de la construction (ICC) prit pourtant comme base de calcul hier par Sarkozy… . Première erreur !

Le président reprend donc une proposition des associations de locataires, reprise par le PS à la va vite comme il sait le faire, mais il est vrai que les effets d’annonce n’attendent pas la réflexion.

L'indice des prix à la consommation (hors tabac et hors loyers élaboré par l'Insee) a progressé de 1,8% sur un an (octobre 2006-2007). Selon le schéma de M.Sarkozy, la diminution de la hausse des loyers devrait donc avoisiner 1point. Cela ne correspond pas à "diviser par deux la hausse", comme l'a suggéré M. Sarkozy. Par ailleurs, rien n’a été dit sur les augmentations qu'un propriétaire peut proposer lors du renouvellement du bail ; sur l’augmentation plus forte de l’inflation par rapport à celle des salaires. Les aides au logement n’ont pas été évoquées, or il apparaît bien évident qu’elles auront à suivre les évolutions annoncées : depuis le 5 mars 2007, elles sont indexées sur le niveau des loyers. On peut juste penser que leur revalorisation sera limitée… pour les plus faibles. Deuxième erreur lorsqu’on souhaite rehausser le pouvoir d’achat des plus faibles.

Enfin, les mesures annoncées ne semblent pas offrir une meilleure garantie d’accès au logement pour tous. L’exigence de solidarité de la loi SRU puisque les mesures annoncent une assurance obligatoire qui serait imposée à tous les locataires quelle que soit leur condition.

Travailler plus, et notamment le dimanche…. mais le Code du Travail  entend garantir aux travailleurs un repos de 24h consécutives chaque semaine et assurer une situation d’égalité des conditions de concurrence. Ceci pourrait ne plus faire loi devant la logique ultra-libérale qui inspire le train de réforme qui lui, ne connaît pas la grève.

Le repos dominical est un acquis social. Les ouvertures du dimanche n’augmentent pas la consommation mais peuvent aussi générer du chômage : les petits commerçants ne peuvent " tenir le coup " des ouvertures le dimanche, ce sont les grandes surfaces, et leur armée d’emplois sous payés qui l’emportent et leur prennent leurs clients.

Troisième erreur, surtout lorsque le but est d’apparaître comme le président de tous les français.

Autre fausse innovation présidentielle : détruire le service public, de l’énergie notamment, pour financer la modernisation de l’enseignement supérieur. Pourtant, la solidarité nationale dont se targue d’incarner le président peut sans doute se puiser dans les 37 000 € (ou 50 000 €) que chacun des contribuables aisé de note Nation peut se permettre de réclamer à l’administration fiscale. 1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront à terme chacun d’une baisse d’impôt de 270 000 euros. Dommage pour nos facs et pour la modernisation citoyenne de notre service public.

Toutes les forces progressistes de la gauche, doivent entamer le dialogue, et comprendre les avis et préoccupations des citoyens sur leur vie quotidienne. L’occasion nous est donnée d’échanger et confronter nos avis de travailleurs et de consommateurs sur cet arsenal de propositions qui n’ont qu’un but : produire pour produire, sans que le but de progrès social ne soit admis.

Au-delà, c’est l’occasion de se mobiliser localement sur la refondation de la gauche. Organiser des réunions locales peut être un outil pour qu’une fraternité citoyenne soit la base d’un  " observatoire " de notre pouvoir d’achat. Les recettes miracles n’existent pas.

Mais parce qu’elles nous concernent, les idées que l’on se doit de confronter peuvent devenir des ingrédients efficaces pour qu’une force progressiste de gauche prenne place dans ce débat.

 

 

par sylvain guy publié dans : Notes
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